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        Pr Eric DELAPORTE

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        Bernard TAVERNE

Accès à la Délégation Régionale IRD-Occitanie (Montpellier)

La production locale de l’équité globale

L’année 2012 a vu l’émergence d’un consensus global sur la promotion des dispositifs de protection sociale et notamment de Couverture Médicale Universelle (CMU) pour les pays à faible revenu. Il est maintenant admis que les CMU contribuent à réduire l’appauvrissement lié aux dépenses de santé, qu’elles favorisent l’accès aux soins, et plus largement qu’elles contribuent au développement sanitaire et social. Ce consensus s’est largement inspiré des initiatives de gratuité des soins liés au VIH qui ont été recommandées par l’OMS dés 2005 et ont ouvert la porte à une critique des mécanismes de financement basés sur le paiement direct des soins par les patients (promus en Afrique sous le label de l’Initiative de Bamako).

Si l’objectif d’équité dans l’accès aux soins est par tous les acteurs sociaux considérés comme une priorité, les voies et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir ne sont cependant pas clairement définis. La traduction locale du consensus global est loin de faire l’unanimité. Dés à présent, la mise en place des CMU se traduit à l’échelle locale par des tensions entre les annonces politiques et les mises en œuvre pratique. La mise en place des CMU peut être un élément de réformes majeures des systèmes de santé en contribuant à redéfinir les rôles de divers acteurs sociaux agissant dans le domaine sanitaire et social. L’acceptabilité du processus de réforme par les acteurs sociaux impliqués va représenter un élément essentiel de la faisabilité des changements organisationnels.

Les réflexions internationales actuelles en faveur de l’extension des CMU dans les pays du Sud dépassent le cadre du VIH, les domaines sanitaires couverts ne sont pas universellement décrétés, ils sont définis par chaque pays. L’étude de la mise en place de ces dispositifs, les tergiversations selon des logiques locales, et leur capacité à intégrer le VIH alimentera la réflexion sur l’évolution de la production locale de l’équité, à partir de modèles qui reposent sur des conceptualisations et programmes au niveau global. Par ailleurs, en contexte de souffrance sociale, ces processus de production d’égalités intéressant principalement la dimension biologique de l’être humain posent questions : peuvent-ils être appréhendés comme la construction de certaines formes sociales de la « biocitoyenneté » ? Participent-ils à la légitimation d’autres formes d’inégalités ?