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Infos pratiques

Organigramme

Contacts
  • Directeur :

         Pr Eric DELAPORTE

  • Directrice Adjointe :

         Maryline BONNET

Accès à la Délégation Régionale IRD-Occitanie (Montpellier)

Axes de recherche

Orientation scientifique

Compte tenu de notre expertise et des priorités nationales et internationales de recherche, le projet de l’équipe s’articule autour de deux thèmes majeurs :

  • Le contrôle de grandes endémies infectieuses (Thème 1), avec des recherches sur l’infection par le VIH, la tuberculose et les maladies tropicales négligées
  • La réponse aux risques infectieux émergents (Thème 2), avec des recherches sur la maladie à virus Ebola et la résistance antimicrobienne

Les recherches envisagées pour le prochain contrat se situent dans la poursuite directe de nos travaux antérieurs. Toutefois, les projets sur la résistance antimicrobienne, domaine qui a émergé ces dernières années comme priorité internationale, constituent une évolution thématique notable. Celle-ci est favorisée par la nomination récente de Christian Lienhardt (DR de l’équipe) comme coordinateur de la nouvelle Action Coordonnée d’Aviesan sur la résistance antimicrobienne. Cette Action Coordonnée a pour priorité de mettre en place un réseau de recherche Nord/Sud sur cette thématique. En outre, Vincent Le Moing (PU-PH infectiologue de l’équipe) mène des travaux de recherche depuis de nombreuses années sur les bactériémies et le bon usage des antibiotiques.

Nos travaux de recherche clinique et en santé publique seront réalisés dans des pays du Sud et en France. Ce seront essentiellement des recherches interventionnelles destinées à améliorer la prévention, le dépistage/diagnostic et la prise en charge (aux niveaux individuels et populationnels). Ces travaux seront réalisés en collaboration avec des chercheurs en microbiologie et en sciences sociales des équipes 1 et 3 notamment. Nous présentons brièvement ci-après les projets prévus pour chacun des deux thèmes.

Thème 1 : Contrôle de grandes endémies infectieuses

VIH
  1. Prévention et dépistage chez les populations clés : Nous continuerons d’évaluer des stratégies biomédicales telles que la PrEP (dont, si possible, la mise en œuvre de programmes nationaux et l’utilisation de traitements à durée d’action prolongée), le traitement précoce et le traitement post-exposition chez les HSH. De même, nous continuerons d’évaluer le dépistage répété des populations clés mais nous souhaitons également travailler sur le dépistage des groupes « cachés ». Le programme CohMSM, mis en œuvre depuis 2013 au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Togo, offre une opportunité unique pour développer de nouveaux projets. En France, le programme « Vers Montpellier Sans Sida », mis en œuvre en 2018, sera évalué et permettra de constituer une cohorte de « PrEPeurs ».
  2. Stratégies thérapeutiques : Les études sur la simplification et l’allègement des traitements se poursuivront. Une vaste étude en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Cameroun évaluera ainsi des stratégies de maintenance de bithérapies (étude MODERATO ANRS). Par ailleurs, l’étude NAMSAL a montré les limites des traitements actuels chez les personnes à un stade avancé de l’infection soulignant l’intérêt d’évaluer d’autres stratégies de première ligne. Un autre axe envisagé concerne les traitements à durée d’action prolongée dont le positionnement stratégique doit être précisé. Enfin, le développement actuel d’antirétroviraux ayant des cibles nouvelles et de nouveaux outils d’immunothérapie comme les anticorps neutralisants à large spectre va également poser la question de leur usage.
  3. Prise en charge pédiatrique : L’optimisation de la prise en charge des enfants et des adolescents demeurera un objectif majeur. Un projet vient ainsi d’être soumis sur la prise en charge des enfants en milieu décentralisé au Sénégal. Chez les adolescents, une étude est en voie de démarrage au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Togo (Optimize AO ANRS). Des travaux sur la transition de la pédiatrie vers les services adultes sont également prévus. De même, nous souhaitons travailler sur la prévention, le dépistage, les conditions d’entrée dans les soins et les besoins spécifiques des adolescents infectés par voie comportementale. Enfin, le rôle que peut jouer l’E-santé dans la lutte contre le sida chez les adolescents doit être évalué.
  4. Vieillissement et comorbidités : Un projet de recherche-action au Cameroun vient d’être soumis pour définir un modèle de prise en charge des maladies chroniques les plus fréquentes chez les personnes vieillissant avec le VIH. En France, l’étude SEPTAVIH ANRS évaluera la faisabilité du dépistage de la fragilité, la prévalence et les facteurs de risque de celle-ci ainsi que son impact sur la survenue d’évènements péjoratifs de santé. Une étude ancillaire évaluera si le syndrome de fragilité ou de pré-fragilité est associé à des causes potentielles d'activation immunitaire. Une collaboration Nord-Sud est également envisagée pour comparer les caractéristiques du vieillissement dans les deux contextes.
  5. Comorbidités liées à l'infection VIH : Plusieurs thématiques liées aux morbidités « émergentes » chez les PVVIH en France sont développées. En effet, depuis l’avènement des combinaisons antirétrovirales dans les pays à fortes ressources économiques, on observe une décroissance progressive des causes de mortalité et de morbidité de type SIDA, et une augmentation de la proportion des causes liées aux cancers non classant SIDA, aux maladies hépatiques et aux évènements cardiovasculaires, rejoignant ainsi en partie la morbi-mortalité de la population générale. Par conséquent, l’augmentation exponentielle de l’espérance de vie des PVVIH engendre un vieillissement de la population, impliquant l’avènement de pathologies traditionnellement associées aux personnes âgées dans la population générale.
Tuberculose
  1. Dépistage et diagnostic : Nos études TB-Speed et CaP-TB CONTACT se poursuivront. TB-Speed évalue différentes stratégies de dépistage et de diagnostic chez les enfants dans 6 pays africains et un pays d’Asie du Sud tandis que Cap-TB CONTACT évalue un modèle de soin communautaire pour augmenter le nombre d’enfants contact dépistés et initiés sous traitement préventif en Ouganda et au Cameroun.
  2. Stratégies thérapeutiques : Nous souhaitons évaluer un traitement préventif court chez les enfants et adolescents infectés par le VIH ou vivant au contact de patients tuberculeux. Nous proposons également d’évaluer l’impact sur la mortalité des patients coinfectés par le VIH et la tuberculose, très immunodéprimés et hospitalisés, de l’augmentation de la posologie de la rifampicine et de l’isoniazide associés à un traitement corticoïde durant les deux premiers mois du traitement (essai DATURA au Cameroun, Ouganda, Zambie et Guinée). Enfin, avec l’essai INTENSE TBM (Afrique du sud, Ouganda, Madagascar et Côte d’Ivoire), nous évaluerons l’impact sur la mortalité des patients souffrant de tuberculose méningée d’un traitement antituberculeux intensifié avec majoration de la posologie de la rifampicine et utilisation du linézolide en complément des autres antituberculeux durant les deux premiers mois de traitement. Dans le même essai, nous évaluerons l’effet de l’aspirine comme traitement adjuvant du traitement antituberculeux.
  3. Vaccination : Nous souhaitons contribuer aux essais des nouveaux candidats vaccins qui devraient être mis en œuvre prochainement.
Maladies tropicales négligées
  1. Impact clinique individuel et physiopathogénie des complications : Ayant montré que la filariose à Loa loa est associée à une surmortalité, nous allons évaluer la part de la loase dans la pathologie cardiovasculaire, rénale et neurologique et déterminer la part de la loase parmi les causes de consultation et de décès dans trois régions de la République du Congo. Nous étudierons également si l’infection à Loa entraîne un syndrome inflammatoire chronique et perturbe d’autres mécanismes physiologiques. Enfin, nous poursuivrons l’étude de l’impact de Wuchereria bancrofti (agent de la filariose lymphatique) sur la fécondité des femmes et le développement staturo-pondéral et neurocognitif des enfants.
  2. Diagnostic : Dans la continuité de nos travaux sur l’amélioration du diagnostic, nous évaluerons les performances d’un test diagnostic non-invasif de l’onchocercose (DEC-patch ; projet ANR) puis la faisabilité de son utilisation en routine.
  3. Evaluation de nouveaux médicaments et de nouvelles stratégies de lutte : Nous allons évaluer l’effet de la moxidectine et du lévamisole sur Loa loa. Par ailleurs, nous collaborons avec le DNDi pour faciliter la mise en place d’essais de nouveaux médicaments filaricides (emodepside, TylAMac) en 2020. Le groupe MTN continuera à évaluer des stratégies de lutte alternatives permettant de lutter contre l’onchocercose. Plusieurs stratégies Test and treat seront comparées et l’impact d’une lutte anti-vectorielle (antisimulidienne) associée sera évalué.

Thème 2 : Réponse aux risques infectieux émergents

Ebola

L’équipe 2 continuera à intervenir, en lien étroit avec les équipes 1 et 3, sur le volet humain des études « One Health » portant sur le réservoir du virus Ebola, en particulier à travers des études épidémiologiques dans des populations en contact avec la faune sauvage en RDC, en Guinée et au Cameroun (projet Ebo Health, MUSE). Par ailleurs, nous continuerons à nous mobiliser lors d‘épidémies comme actuellement avec celle en RDC où un projet de recherche-action chez les survivants est en cours d’élaboration. Un de nos objectifs majeurs est d’évaluer des candidats antiviraux capables d’éliminer le virus dans le sperme afin d'éviter des cas secondaires dans la communauté à partir de survivants guéris.

Résistance antimicrobienne
  1. Epidémiologie : Nous souhaitons évaluer l’impact des antibiothérapies pour IST et des comportements sexuels à risque sur la résistance aux antibiotiques au sein du microbiote fécal chez les HSH inclus dans les études de prévention de l’équipe. Nous développerons également des recherches pour décrire les facteurs associés à la résistance aux antibiotiques chez les humains, les animaux domestiques et dans l’environnement selon l’expérience « One Health » de l’unité. Enfin, dans le cadre du réseau Aviesan Sud, nous travaillerons avec des pays ayant un plan national de lutte contre la résistance antimicrobienne (Cambodge, Madagascar, Cote d’Ivoire) afin de renforcer les systèmes de surveillance des résistances et étudier les facteurs liés à la transmission des résistances.
  2. Stratégies diagnostiques, thérapeutiques et de prévention : Nous souhaitons développer des projets de recherche sur la prévalence et les facteurs associés à la résistance en milieu hospitalier au Sud, aussi bien dans l’environnement que chez les patients infectés ou colonisés. Ces premiers constats établis, des stratégies de prévention de la sélection et de la transmission des bactéries résistantes seront élaborées. Télé-conseil en stratégie anti-infectieuse en temps réel : Au CHU de Montpellier, nous avons développé depuis 2012 un télé-conseil en antibiothérapie via une connexion directe au dossier informatique du patient (> 4000 conseils par an) ce qui permet de générer des données permettant d’évaluer l’impact de cette activité sur la consommation des antibiotiques mais aussi l’efficacité de stratégies d’optimisation de l’antibiothérapie. Un projet a été déposé aux appels d’offres de la DGOS afin d’évaluer l’intérêt d’étendre cette activité à la médecine de ville.